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Welcome to my blog. I document my adventures in travel, style, and food. Hope you have a nice stay!

Lily Alexandre

Lily Alexandre

An interview with Lily Alexandre, whose experimental and expansive craft practice was showcased in Tremplin 2025 at BeCraft Gallery in Mons, Belgium.

Lily Alexandre, Pupa, 2025. Wool, cotton, mohair and baleen, 175 x 175 cm. Photo: Fantine Lamiaux. Courtesy of the artist.

How did you decide to pursue textiles as your chosen craft practice?

I studied fashion for three years, with a strong focus on textile experimentation. It allowed me to create with new materials, through juxtaposition, transparency, stitching and embroidery, but also by using non-textile elements to explore new surfaces.

I loved exploring more varied techniques, such as plaster, a material I love working with to create sculptures and “photograph” matter.

I also used roots and twigs, which I found interesting for their organic and malleable qualities, to create a bust using my plaster mould, forming a corset that fused with the body.

I worked with natural plant dyeing during my “Sorcières” collection project. This technique immediately appealed to me, as I didn’t appreciate the colours or the finishes of the fabrics I found in shops. What I loved working with most was the classic beige pattern canvas. With flower pigments, I was able to create my own colour charts to gain more precise control over colour and alter the material so it became more vibrant. This aligned with the values I wanted to express in my work: reusing what already exists in order not to pollute or consume more than necessary.

I picked up knitting again as a continuation of these experiments (something I used to do as a child with my grandmother) and when I joined the Master’s program at The Royal Academy of Fine Arts in Brussels, I decided to specialize in knitwear.

Knitwear has become a freer, more instinctive playground, where gesture matters as much as the idea. I first explored hand knitting, but quickly found comfort and even more freedom with the machine. I love the automation of the machine and the rhythm of the gestures, the regularity and the accidents.



Comment avez-vous décidé de vous orienter vers le textile comme pratique artistique principale ?

J’ai fait trois ans d’études de mode, avec un axe important consacré à l’expérimentation textile. Cela m’a permis de créer de nouvelles matières par la juxtaposition, le jeu de transparence, la couture et la broderie, mais aussi par l’utilisation de matières non textiles pour inventer des surfaces.

J’ai aimé explorer des techniques plus variées, comme le plâtre, un matériau que j’adore travailler pour créer des sculptures et « photographier » la matière.

J’ai aussi utilisé des racines et des brindilles, que je trouvais intéressantes par  leur aspect organique et malléable, afin de créer un buste à l’aide d’une coque en plâtre, formant un corset fusionnant avec le corps.

J’ai également travaillé sur la teinture naturelle des plantes lors de mon projet de collection « Sorcières ». Cette technique m’a immédiatement plu, car je n’appréciais ni les couleurs ni les apprêts des tissus que je trouvais en magasin. Ce que j’aimais le plus travailler, c’était la toile à patron beige classique. Grâce aux pigments de fleurs, j’ai pu créer mes propres nuanciers pour avoir un contrôle plus précis sur la couleur et altérer la matière pour la rendre plus vibrante. Cela s’inscrivait dans la continuité des valeurs que je voulais transmettre dans mon travail : réutiliser ce qui existait déjà afin de ne pas polluer ni consommer plus que nécessaire.

J’ai repris le tricot dans le prolongement de ces expérimentations, une activité que je pratiquais petite avec ma grand-mère, et en intégrant le master à l’ArBA (Académie royale des Beaux-Arts) à Bruxelles, j’ai décidé de me spécialiser dans la maille.

Celle-ci est devenue un terrain de jeu plus libre et instinctif, où le geste compte autant que l’idée.
J’ai d’abord exploré le tricot à la main, mais j’ai rapidement trouvé du confort et encore plus de liberté avec la machine.

Lily Alexandre, Pupa, 2025. Wool, cotton, mohair and baleen, 175 x 175 cm. Photo: Fantine Lamiaux. Courtesy of the artist.

What inspires/guides your work?

Like a documentary of my days, I observe, collect, photograph, and film fragments of everyday life. That’s where everything begins, from the desire to inhabit the world differently. Then my hands extend my thoughts, my anger, and my dreams.

My work explores self-portraiture, intimacy, memory, and disguise.
I create characters, porous identities, to question what shapes us and to challenge norms and identity itself.
I use materials that already exist and carry their own stories: curtains, doilies, flower fragments for dyeing, leftover threads. History, art, politics, philosophy, and science all feed my research, injecting reality into imaginary and ephemeral projects.
Staging is very important to me; the influence of music, theatre, and cinema pushes me to carry my creations into complete worlds.

What I create is both fragile and assertive.



Qu’est-ce qui inspire ou guide votre travail ?

Mon travail s’apparente à un documentaire intime de mes journées : j’observe, je collecte, je photographie, je filme des fragments du quotidien. 

Tout part de là. 

Du désir d’habiter le monde autrement.

Puis mes mains prolongent mes pensées, mes colères et mes rêves.

Mon travail explore l’autoportrait, l’intime, le souvenir, le déguisement, la mémoire.

Je crée des personnages, des identités poreuses, pour interroger ce qui nous compose, questionner les normes et l’identité propre.

J’utilise des matières qui existent déjà, et qui ont une histoire : des rideaux, des napperons, des fragments de fleurs pour la teinture, des fils récupérés…

L’histoire, l’art, la politique, la philosophie, la science, nourrissent mes recherches et injectent du réel dans des projets imaginaires et éphémères.

La mise en scène est très importante pour moi, l’influence de la musique, du théâtre et du cinéma me pousse à inscrire mes créations dans un univers entier.

Ce que je crée est à la fois fragile et revendicatif.

Lily Alexandre, Pupa, 2025. Wool, cotton, mohair and baleen, 175 x 175 cm. Photo: Fantine Lamiaux. Courtesy of the artist.

Do you see performance as part of your work in the future?

For now, yes, I’m experimenting in that direction.
Lately, I’ve been filming myself, playing with my image and what it conveys, as a kind of ongoing diary. Performance interests me as a way of reclaiming the body and its history, but also as a literal playground. I’ve always wanted to tell stories, or to tell myself stories.
My childhood bedroom was the stage for many characters; I like to play with who I can become.

To be my own doll. It’s a way of turning vulnerability into strength, of making visible what is usually silent.


Voyez-vous la performance comme une partie de votre travail à l’avenir ?

Pour l’instant oui : j’expérimente dans ce sens.

En ce moment j’essaie de me filmer, de jouer avec mon image et ce qu’elle renvoie, comme la continuité d’un journal intime.

La performance m’intéresse comme un moyen de réappropriation du corps et de son histoire, mais aussi comme terrain de jeu - au sens littéral. 

J’ai toujours voulu (me) raconter des histoires.
Ma chambre de petite fille a été le théâtre de mes personnages, ça me plaît de jouer à qui je veux devenir. 

Être ma propre poupée. 

C’est une manière de transformer la vulnérabilité en force, de rendre visible ce qui est habituellement silencieux.

Lily Alexandre, Pupa, 2025. Wool, cotton, mohair and baleen, 175 x 175 cm. Photo: Fantine Lamiaux. Courtesy of the artist.

What is one lesson that you have learned that has changed your approach/thinking about your practice?

Creativity is found within constraint.
Having few resources or materials pushes me to go beyond my limits. To invent, to transform, to look differently in order to express what I want to say.
It’s often in scarcity that I find the right idea, because I have to work with what’s there, and that’s where the gesture becomes sincere. 

Constraints, including assignments or themes, also help me dig deeper into a subject rather than scatter.

Limits become points of support rather than obstacles.



Quelle leçon avez-vous apprise qui a changé votre approche ou votre manière de penser votre pratique ?

La créativité se trouve dans la contrainte.

Avoir peu de moyens, peu de matériaux permet de dépasser ses limites créatives. Cela m’oblige à inventer, à transformer, à regarder autrement pour dire ce que je veux dire.

C’est souvent dans le manque que je trouve l’idée juste, parce qu’il faut faire avec ce qu’il y a, et c’est là que le geste devient sincère.

La contrainte de la consigne, elle aussi, me permet de creuser un sujet en profondeur ce qui évite de s’éparpiller. Les limites deviennent des points d’appui plutôt que des freins.

Lily Alexandre, Pupa, 2025. Wool, cotton, mohair and baleen, 175 x 175 cm. Photo: Fantine Lamiaux. Courtesy of the artist.

What advice would you give to younger artists?

I still see myself as a young artist, but if I had to give myself advice, it would be to stay curious, not to be afraid to try, to fail, and to start again.

To keep learning every day, as much as possible.

And above all, to trust your intuition, even the strangest ideas.


Quel conseil donneriez-vous à de jeunes artistes ?

Je me considère encore comme une jeune artiste, mais si je devais me donner un conseil, ce serait de rester curieuse. De ne pas avoir peur d’essayer, d’échouer et de recommencer.

De continuer à apprendre tous les jours autant que possible.

Et surtout, de me fier à mes intuitions, même les plus bizarres.





Material of Belonging: An Interview with Pamela Edmonds

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